Le processus d'aliénation parentale

Vers une reconnaissance juridique en France

3 févr. 2010 sandrine Roy

Après la séparation ou le divorce de leurs parents, certains enfants sont instrumentalisés en "enfants soldats" afin d'aliéner l'autre parent, souvent le père.

L'aliénation parentale est un processus qui consiste à programmer un enfant pour qu'il haïsse un de ses parents sans que cela ne soit justifié. Lorsque le syndrome est présent, l'enfant apporte sa propre contribution à la campagne de dénigrement du parent aliéné.

Ce processus va amener l'enfant à rompre tout lien affectif avec l'un de ses parents (qui sera le plus souvent le père) ainsi qu'avec l'environnement familial de celui-ci.

Ce syndrome n'est pas encore très connu en France, mais on commence à en parler.

Le processus d'aliénation parentale s'identifie par plusieurs manifestations telles que :

  • rejet systématique et diffamation contre le parent rejeté ;
  • prise de position systématique par l'enfant aliéné pour le parent manipulateur ;
  • extension des hostilités à toute la famille et entourage du parent rejeté ;
  • absence de culpabilité et cruauté envers le parent rejeté...

Il est très difficile pour le parent rejeté de se faire entendre par l'enfant aliéné, car toute démarche du parent est vécue par l'enfant comme une agression.

Une association existe pour lutter contre l'aliénation parentale et assister les parents victimes de ce processus : www.acalpa.org.

Reconnaissance du processus d'aliénation parentale

En France, un certain nombre de psychologues et de psychiatres nommés par les tribunaux font référence au syndrome d'aliénation parentale (SAP) dans leurs rapports d’expertise, et quelques rares magistrats se sont alignés sur la Cour européenne des Droits de l'Homme reprenant explicitement ces diagnostics pour les inclure dans leurs décisions et les motiver.

Au niveau européen, le SAP a fait récemment son entrée dans les arrêts de la Cour européenne des Droits de l’Homme (CEDH).

La Cour se fonde sur l’article 8 de la Convention européenne des Droits de l’Homme et le respect de la vie privée pour assurer l’effectivité du droit de réunir un parent et son enfant.

Conséquences pour l'enfant :

  • L'enfant est amené à haïr et à rejeter un parent qu'il aime et dont il a besoin.
  • Le lien entre l'enfant et le parent aliéné sera irrémédiablement détruit. En effet, on ne peut reconstruire le lien entre l'enfant et le parent aliéné si le processus a été engagé depuis quelques années.
  • Le parent aliéné devient un étranger pour l'enfant. Le modèle principal des enfants aura été le parent pathologique, mal adapté et présentant un dysfonctionnement. Beaucoup de ces enfants développent de sérieux troubles psychiatriques.
  • Les effets chez l'enfant victime du syndrome d'aliénation parentale peuvent être une dépression chronique, des troubles d'identité et d'image, du désespoir, un sentiment incontrôlable de culpabilité, et parfois le suicide.
  • Des études ont montré qu'une fois adulte, les victimes d'une telle aliénation ont un penchant pour l'alcool, la drogue et présentent d'autres symptômes de mal-être profond.

Le sentiment incontrôlable de culpabilité est provoqué par le fait que l'enfant réalise, une fois adulte, qu'il a été le complice malgré lui d'une grande injustice infligée au parent aliéné.

L'enfant aliéné risque de reproduire la même pathologie psychologique que le parent aliénant.

Les droits de l'article Le processus d'aliénation parentale publié dans Famille appartiennent à sandrine Roy. La permission de reproduire Le processus d'aliénation parentale dans la presse traditionnelle ou sur internet doit être accordée par écrit par l'auteur lui-même.
maintien du lien parent enfant, libre de droit maintien du lien parent enfant
   
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Commentaires

9 juin 2010 21:28
Guest
:
oui en lisant cet article je reconnais mon enfance, ma mère a tout fait pour nous convaincre que mon pere était un monstre et que si nous allions aux visites décidées par le juge, nous ne verrions plus son visage..j'étais petite, et ce père s'est battu en vain pour exercer son droit de visite sauf que nous etions programmées mes soeur et moi a lui refuser car il avait été "méchant" avec maman! et parce que notre mere pleurait avant chaque visite pour que nous l'abandonnions pas..j'avais envie que mon pere se batte plus pour nous, nous etions ses prisonnieres a elle, et mon pere s'est effacé de peur qu'elle nous fasse du mal..je suis séparée aujourd'hui pour la seconde fois, chaque rupture à été un déferlement de peines et réactions irrationnelles..un sentiment d'abandon..Et pour mon ex conjoint je pense que j'ai reproduis ce shéma involontairement, en affichant sans vergogne ma peine à mes enfants pour que dans un sens ils voient combien leur pere me faisait de la peine..Jusqu'au jour où en voulant abattre ma derniere carte pour qu'il revienne, j'ai fait mine un jour où j'avais noyé ma peine dans l'alcool,de me tailler les veines!!! (je le sais avec le recul c'etait idiot)Sauf que c'est mon fils de 14 ans qui a défoncé la porte et a hurlé de peur...je n'oublierai jamis ses yeux...ET DEPUIS CE JOUR j'ai arreté et pris conscience de mon comportement...aujourd'hui j'ai accepté ma séparation,nous ne sommes pas les meilleurs amis du monde, nous ne sommes même pas amis, mais devant mes enfants je ne dis pas un mot qui pourrait nuire à la relation qu'ils entretiennent avec leur père,si j'ai de la rage ou des "insultes" qui me grattent la gorge,je les garde pour moi! Si les enfts tentes de "dénigrer" leur père devant moi, je tente de leur expliquer qu'ils ne doivent pas faire cela et qu'il reste leur papa et en tant que tel ils doivent le respecter.Je sais qu'ils aimeraient que leurs parents soient au moins amis, mais c'est au dessus de mes forces,je ne peux pas,je trouve déjà que mon comportement est plus que raisonnable..non?
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